Fabien JACQUETTON Pas de commentaire

La restitution publique des résultats du premier diagnostic emploi-formation consacré au secteur de l’emploi à domicile en Centre-Val de Loire a eu lieu le 5 février dernier, à Orléans, devant une cinquantaine d’acteurs et partenaires locaux qui se sont montrés très intéressés. Un événement qui marque l’aboutissement d’un travail de quatre ans.

Un projet soutenu par la Direccte

Le Centre-Val de Loire compte 2,57 millions d’habitants, parmi lesquels 151 000 particuliers qui emploient 60 300 salariés pour concilier vie professionnelle et vie personnelle, les accompagner à domicile au quotidien et/ou garder leurs enfants. A l’image du national, l’emploi à domicile est un secteur porteur dans la région, mais qui peine pourtant à recruter.

En 2016, conscients du rôle économique et social que joue l’emploi à domicile, les acteurs du secteur se sont associés pour porter un projet inédit de diagnostic territorial sur les besoins en emploi et compétences des particuliers employeurs et de leurs salariés en Centre-Val de Loire.

Ce diagnostic a été soutenu par la DIRECCTE dans le cadre d’actions de développement des emplois et compétences (ADEC), comme le rappelle Stéphane Thomas, Chef du service Mutations économiques et Développement des compétences à la DIRECCTE Centre-Val de Loire : « Il y a un enjeu immense en termes de recrutement, et par conséquent, un enjeu de professionnalisation et d’emploi. C’est pour toutes ces raisons chères à la Direccte qu’il nous a semblé important d’engager ce diagnostic. »

Ce diagnostic, auquel 433 particuliers employeurs, assistants maternels et salariés du particulier employeur ont participé, a été conduit en 2018-2019 par IPERIA, la plateforme nationale de professionnalisation du secteur, en partenariat avec la FEPEM et l’observatoire régional (ORFE) GIP ALFA. Les résultats permettent de tirer de nombreux enseignements.

De forts besoins en emploi détectés sur les territoires

En Centre-Val-de-Loire, les besoins en emploi dans le secteur de l’emploi à domicile sont et seront particulièrement forts compte tenu du vieillissement de la population et de l’attractivité économique des agglomérations. D’ici 2040, d’après les études prospectives, on estime qu’il faudra 32% d’employés familiaux et 68% d’assistants de vie supplémentaires pour accompagner les ménages, mais surtout les personnes âgées à leur domicile. « Pour ce qui est des assistants maternels, 50% des effectifs seront à remplacer d’ici 2030 en raison de la pyramide des âges », ajoute Eva Barachino, chargée d’études emploi-formation à IPERIA l’Institut.

Anticiper les besoins en emploi en donnant de la visibilité aux emplois à domicile…

Des conditions d’emploi et de travail atypiques, mais pas forcément subies

S’ils répondent à de réels besoins et offrent de nombreuses perspectives, les métiers d’assistant maternel, de garde d’enfants, d’employé familial et d’assistant de vie peinent encore à séduire. Halte aux idées reçues ! Les résultats du diagnostic montrent qu’ils sont sources d’épanouissement pour les salariés interrogés : plus de 81% se sentent bien dans leur poste et plus de 73% d’entre eux souhaitent poursuivre leur carrière dans leur métier.

Des difficultés de recrutement identifiées et des compétences à développer

« 27% des particuliers employeurs rencontrent des difficultés à recruter du fait de l’absence de candidats et de questions liées à la posture professionnelle, et 85% d’entre eux aimeraient augmenter les heures de leur salarié », indique Julie Caillet, chargée d’études au GIP ALFA Centre-Val de Loire. En termes de compétences, ce sont les soft skills qui arrivent en tête dans les besoins exprimés tant par les particuliers employeurs que par les salariés. Ces derniers souhaitent également se former à la gestion de leur activité professionnelle et les particuliers employeurs ont des attentes en matière de prévention (perte d’autonomie, sécurité…).

Des leviers pour renforcer l’attractivité des métiers et la fidélisation des salariés 

« Le travail mené montre que la professionnalisation des salariés du secteur de l’emploi à domicile a un rôle central à jouer en Centre-Val de Loire pour attirer et fidéliser de nouveaux professionnels, explique Nadège Turco, directrice du pôle développement à IPERIA l’Institut. Nous allons continuer à toujours mieux informer et accompagner les salariés dans leur démarche de professionnalisation, en les encourageant notamment à se diriger vers la certification des compétences qui offre de belles perspectives en termes de reconnaissance et de sécurisation de parcours professionnel. » En effet, 70% des certifiés sont en emploi six mois après l’obtention d’un des titres IPERIA « Assistant(e) de vie dépendance », « Employé(e) familial(e) » et « Assistant(e) maternel(le) / Garde d’enfants ».

Plus largement, il s’agit de professionnaliser la relation de travail, avec un accompagnement renforcé auprès des particuliers employeurs. Christophe Courgeau, Vice-président de la délégation FEPEM en Centre-Val de Loire, d’abonder dans ce sens : « Ce travail de qualité va nous permettre de mieux anticiper demain que ce soit dans le maintien à domicile, l’insertion professionnelle ou encore le développement des territoires ruraux. La FEPEM s’en réjouit et souhaite, au regard des principaux résultats, aller plus loin encore : professionnaliser la relation de travail entre particuliers employeurs et salariés d’une manière générale et accompagner les particuliers employeurs fragilisés notamment par la dépendance en développant le mode mandataire, à travers la valorisation du label QUALIMANDAT. »

Retrouvez l’essentiel des résultats dans notre infographie, et si vous souhaitez aller plus loin, consultez la synthèse du diagnostic.

La presse en parle : https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/emploi-a-domicile-un-secteur-qui-recrute