Hélène Basle Pas de commentaire

La pandémie liée à la Covid-19 a frappé de plein fouet les personnes les plus fragiles, et nos aînés en particulier. Si la crise sanitaire a mis en valeur le travail des soignants – auxquels on ne peut que rendre hommage, elle a aussi révélé au grand jour le manque de visibilité des personnes âgées dans notre société. Beaucoup d’études en parlent, les Français souhaitent avant tout vieillir chez eux. Le marché des seniors a le vent en poupe, mais qu’en est-il de ceux restés sur le bord de la route ? Quelle prise en charge pour les personnes atteintes de troubles cognitifs ? Quel accompagnement du grand-âge dans les années à venir ?

2,3 millions de personnes dépendantes en 2060

Selon la Drees, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait doubler entre 2010 et 2060, passant de 1 150 000 à 2 300 000 en France. En décembre dernier, Agnès Buzyn, alors Ministre des Solidarités et de la Santé, tirait la sonnette d’alarme : « En 2030, c’est-à-dire demain, nous vivrons un premier point de bascule et les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans. » La priorité aujourd’hui n’est plus d’allonger la durée de la vie, mais d’améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes.

Le maintien à domicile, un enjeu sociétal majeur

« J’ai été parfaitement heureuse dans cette maison et je ne me vois pas aller ailleurs ». En une phrase, Georgette Chaverot, 87 ans, a parfaitement résumé le souhait de 83 % des Français[1]. Mais pourquoi sommes-nous tant attachés à notre domicile ? La réponse tient en trois mots : liberté, familiarité et identité. En effet, un « chez soi », c’est un espace de vie, de partage, chargé de souvenirs. On s’y sent à l’aise, en confiance ; on y a ses habitudes et ses repères. Ce sentiment d’attachement se développe avec le temps et finit par s’ancrer en nous. Ainsi, comme de plus en plus de personnes âgées, Georgette a fait le choix de rester vivre chez elle le plus longtemps possible. Cette question du maintien à domicile est au cœur du projet de loi « grand âge et autonomie » qui, après avoir été reporté, devrait revenir dans l’actualité politique en 2021.

Le secteur de l’emploi à domicile en première ligne

Actuellement, 700 000 particuliers employeurs de plus de 70 ans ont recours à un salarié à domicile, soit 21% des employeurs du secteur de l’emploi à domicile, pour répondre à leurs besoins d’accompagnement[2]. Qu’en sera-t-il demain ? Le secteur de l’emploi à domicile va devoir absorber une grande partie du choc démographique à venir. L’assistant de vie constitue l’un des maillons indispensables du maintien à domicile des personnes âgées dépendantes. Prenons l’exemple de Georgette. C’est grâce à Valérie Charbonniéras (entre autres), une assistante de vie qui l’accompagne au quotidien, qu’elle peut continuer à vivre à son domicile, au milieu de ses souvenirs. Avec le temps, une belle relation s’est tissée entre elles, à tel point que Georgette « partage beaucoup » avec celle qu’elle considère comme un « rayon de soleil ». Une relation de travail si particulière et si importante surtout.

A l’heure où nous vivons un moment de rupture avec un avenir très incertain, il est crucial de redonner de la visibilité aux personnes âgées, comme à leurs assistants de vie. C’est le sens de l’appel lancé par 150 personnalités de tous horizons qui ont signé le 26 mai dernier, dans le Monde, un Manifeste pour une révolution de la longévité, exhortant la puissance publique, et plus largement l’ensemble de la société, à « changer de braquet dans l’accompagnement du grand âge. »

Découvrir en vidéo les témoignages de Georgette et de Valérie.

 

[1] Sondage FEPEM, SCA Le domicile, un enjeu citoyen ? réalisé en mai 2016.

[2] Source : https://www.fepem.fr/maintien-de-lexoneration-de-charges-pour-les-particuliers-employeurs-de-70-ans-et-plus-la-fepem-salue-une-position-de-sagesse/