Hélène Basle Pas de commentaire

La crise sanitaire que nous venons de vivre a sans conteste bousculé notre quotidien et ce, quelque soit notre situation professionnelle ou personnelle. Les personnes âgées se sont senties isolées, les actifs moins actifs et les enfants confrontés au rôle d’enseignant de leurs parents. Pourtant, habitués aux journées entre copains à l’école, aux leçons du soir en périscolaire ou pour les plus petits aux jeux d’éveil, semblent s’être acclimatés à ce nouveau rythme « du tout à la maison » mais qu’en est-il des parents ? La garde d’enfants serait-elle redevenue un parcours du combattant ?  L’une des solutions se trouverait-elle auprès des assistants maternels ? Quelles formations, compétences pour ces professionnels de l’enfance ? Pour mieux comprendre les enjeux de ces métiers d’aujourd’hui et de demain, les difficultés, aspirations de ces salariés et les besoins futurs des particuliers employeurs, IPERIA, soutenu par la Commission Départementale d’Accueil du Jeune Enfant (CDAJE) s’est rendu dans la Loire, un département en pleine mutation, qui fait figure d’exemple en termes de professionnalisation.

Une professionnalisation en hausse

Avec un indicateur conjoncturel de fécondité établi à 1,87 enfant par femme (753 000 naissances en 2019 – source Insee), la France reste l’un des pays les plus féconds de l’Union européenne. Une première place qui n’est pas sans conséquence sur l’économie. En effet, le pays accuse depuis de nombreuses années un manque de places pour la garde d’enfants en bas âge et ce, qu’il s’agisse des crèches, jardins d’enfants ou gardes à domicile (assistants maternels et gardes d’enfants). Conscients de ces problématiques, les professionnels de l’enfance usent de stratagèmes pour offrir aux parents un mode de garde sûr et sécurisé, et la formation s’impose comme l’un de ces piliers, comme en témoigne le diagnostic du département de la Loire.

Zoom sur le département de la Loire

Avec 5 300 assistants maternels agréés, le département de la Loire connaît une croissance sans précédent des départs en formation. 51% des assistants maternels se forment ainsi régulièrement dans l’exercice de leur métier. Les RAM, qui ont notamment pour mission d’accompagner et d’orienter les professionnels de la petite enfance vers la formation continue, jouent un rôle de premier plan dans cette appétence pour la formation et se positionnent comme le canal d’information numéro un auprès des assistants maternels.

Et si l’augmentation des besoins de formation n’est pas directement corrélée à la concurrence des modes de garde (ndlr : demande supérieure à l’offre de service), elle s’explique en partie par l’exigence des parents et futurs parents vis-à-vis de leur salarié comme l’indique un animateur de RAM : « Aujourd’hui, les familles accordent autant d’importance au savoir être (soft skills) qu’au savoir-faire. La gestion des conflits, la communication et l’ouverture vers de nouvelles formes de pédagogie sont des essentiels pour ces familles. »

Pour autant l’exigence du particulier employeur ne constitue par l’unique explication d’une hausse des demandes. En effet les assistants maternels recherchent, au travers de la formation, une meilleure valorisation de leur métier et de leurs compétences.  « Ce n’est pas parce que vous avez eu un enfant et fondé une famille que vous savez garder un enfant. Nous former, c’est offrir à notre employeur une garantie, un plus vis à vis d’autres candidats », explique Béatrice, assistante maternelle. « Nous former c’est valoriser notre métier, mais aussi nous démarquer face aux autres assistants maternels ». Un avis partagé par 70% des assistants maternels qui désignent la formation comme un critère de recrutement pour les particuliers employeurs.

Des assistants maternels en quête de reconnaissance et d’évolution

Aujourd’hui, 53% des assistants maternels souhaitent valoriser leur savoir-faire et 50% d’entre eux aspirent à une évolution professionnelle. Des chiffres inspirants, issus du diagnostic réalisé dans le département de la Loire qui viennent appuyer la volonté de tout un secteur vers une professionnalisation des métiers de l’emploi à domicile. Parce qu’au travers de la formation, du perfectionnement, de la spécialisation, il est possible de faire carrière, les métiers de l’emploi à domicile ne doivent plus être relégués au rang de « métiers par défaut ». L’accessibilité de ces métiers offre un avenir à de nombreux actifs, hommes et femmes, et leur place dans notre société ne fait que s’accroître. Finalement, la formation ne serait-elle pas l’une des clés pour une relation gagnant-gagnant ?

Faire certifier ses compétences pour gagner en employabilité, le chemin vers la réussite professionnelle.

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