Hélène Basle Pas de commentaire

En 2020, les deux formations IPERIA d’amélioration de la pratique du français en environnement professionnel bénéficient d’une subvention accordée par le Ministère de l’Intérieur dans le cadre du programme européen FAMI (Fonds Asile Migration Intégration).

C’est la première fois qu’IPERIA sollicite ce fonds créé en 2015, en réponse à la crise migratoire, pour soutenir les actions d’intégration des ressortissants non-Européens qui résident en France. 4e pays d’accueil au sein de l’Union européenne, notre pays a vu le nombre de titres de séjour délivrés chaque année progresser de 4,8% en moyenne depuis six ans.

Bien qu’il n’existe pas de statistique officielle, les métiers de l’emploi à domicile (assistant de vie, employé familial, garde d’enfants, assistant maternel) dont IPERIA gère l’offre de professionnalisation, sont des facilitateurs d’insertion professionnelle. En 2016, plus de 87% des salariés du secteur étaient des femmes et majoritairement issues de l’immigration. Pour certains accessibles, dans un premier temps, à des personnes ne maîtrisant pas le français, ces métiers de la personne et de l’humain en sont par ailleurs un lieu d’acquisition. Mais rapidement, la langue est une barrière à l’évolution professionnelle et à la sécurisation de l’emploi. C’est pourquoi IPERIA a conçu il y a plus de 10 ans un dispositif de formation « Français compétence professionnelle », aujourd’hui soutenu financièrement par le FAMI.

En 2018, 1 632 salariés de l’emploi à domicile originaires de pays non-Européens ont suivi ces programmes, un chiffre qui a plus que doublé en trois ans. Et plus globalement (ressortissants français et de l’Union européenne compris), ils ont bénéficié à 8 000 apprenants depuis 2014, soit 15 000 départs en formation.

Un objectif de 2 088 salariés éligibles au FAMI formés sur 12 mois

En 2020, IPERIA se fixe l’objectif de former au français 2 088 salariés des métiers de l’emploi à domicile éligibles à l’aide du FAMI, soit des non ressortissants de l’Union européenne, en poste auprès de particuliers employeurs ou en activité réduite inscrits à Pôle emploi. Ce dispositif représente 3 132 départs en formation en 2020, une même personne pouvant suivre deux formations au cours de l’année.

Deux modules de formation « Français compétence professionnelle » – de 35 heures chacun – sont proposés par la quinzaine d’organismes de formation qui les dispensent en France :

  • Niveau de base, qui pose les fondements de la lecture, de la compréhension et de la reformulation d’une compréhension écrite et orale.
  • Niveau perfectionnement, pour être en mesure d’exprimer son professionnalisme, les limites de son métier et de rendre compte de son activité à l’écrit.

Avant chaque formation, un test du niveau de maîtrise de langue permet d’aiguiller les salariés vers le module adapté.

Les salariés ressortissants européens maîtrisant mal le français continuent de bénéficier de ces formations dans le cadre de leur droit à la formation renouvelé annuellement.

Un potentiel d’1 million d’emplois à pourvoir en 2030

En raison des besoins croissants d’accompagnement du vieillissement et de la dépendance au domicile, les métiers du particulier employeur représentent une possibilité importante d’intégration professionnelle pour les personnes issues de l’immigration récente. D’autant plus que, très rapidement, le secteur va devoir se préparer à un renouvellement massif de ses 1,4 million de salariés actuels : pour compenser les départs à la retraite en 2030, l’IRCEM, le groupe de protection sociale du secteur, estime à 1 million le besoin de nouveaux professionnels à cette échéance.